Crédit-temps fin de carrière - Droit au congé chez l’employeur et droit aux allocations d’interruption octroyées par l’Office national de l’emploi
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T193
Dernière mise à jour : 1.01.2026
Qu’est-ce que le crédit-temps fin de carrière ?
Le crédit-temps s’inscrit dans le cadre de la réglementation relative à l’interruption de carrière. Il s’applique uniquement aux travailleurs occupés chez un employeur du secteur privé. Grâce au crédit-temps, vous pouvez disposer de plus de temps libre pour répondre à des obligations familiales et sociales ou pour réaliser des projets personnels.
Le crédit-temps spécifique aux travailleurs en fin de carrière vous permet de réduire vos prestations jusqu’à la prise de votre pension. Pour obtenir ce crédit-temps, vous devez obligatoirement satisfaire à plusieurs conditions d’accès auprès de votre employeur.
Si vous remplissez les conditions d’accès auprès de votre employeur et celles relatives à l’octroi d’allocations d’interruption, vous pouvez bénéficier d’un revenu de remplacement mensuel, payé par l’Office national de l’Emploi (ONEM).
A qui s’applique le contenu de cette feuille info ?
Cette feuille info vous est applicable si vous êtes employé ou ouvrier occupé chez un employeur du secteur privé.
Elle ne vous est pas applicable si vous travaillez dans le secteur public (une administration ou un service qui en dépend, l’Ordre judiciaire, etc.), dans l’enseignement ou dans une entreprise publique autonome (Proximus, B-Post, SNCB ou Belgocontrol).
Vous pouvez trouver les informations qui vous concernent dans les autres feuilles info éditées par l’ONEM. Elles sont disponibles sur ce site Internet.
Quelle est la base légale du crédit-temps ?
Le droit au crédit-temps chez l’employeur (conditions d’accès, règles d’organisation, procédure de demande, possibilité de report, …) est fixé dans la convention collective de travail (en abrégé CCT) n° 103/7 entrée en vigueur le 01.01.2026.
Le droit aux allocations d’interruption pouvant être octroyé par l’ONEM pendant le crédit-temps (conditions d’accès, règles de domicile, règles de cumul, procédure de demande…) est fixé dans l’arrêté royal du 12.12.2001, tel que modifié par l’arrêté royal du 05.09.2025, entré en vigueur le 01.01.2026.
Les informations contenues dans cette feuille info sont fondées sur la réglementation en vigueur à partir du 01.01.2026.
Cette réglementation prévoit les mêmes conditions pour obtenir le droit au crédit-temps chez l’employeur et les allocations d’interruption auprès de l’ONEM.
Ces dispositions s’appliquent à toutes les premières demandes et à toutes les demandes de prolongation pour lesquelles l’avertissement écrit a été transmis à l’employeur à partir du 01.01.2026.
- Par première demande sont visées toutes les demandes des travailleurs qui sollicitent un crédit-temps fin de carrière pour la première fois et toutes les demandes qui ne sont pas constitutives d’une prolongation ;
- Par prolongation : toutes les demandes des travailleurs qui sollicitent un renouvellement, de date à date, d’une période de crédit-temps arrivée à son échéance. Pour être considérée comme une prolongation, il faut que la période renouvellée soit demandée dans la même forme d’interruption (c’est-à-dire à mi-temps ou d’un cinquième).
Si vous avez averti l’employeur, par écrit, de votre volonté de demander ou de prolonger un crédit-temps fin de carrière avant le 01.01.2026, ce sont les anciennes dispositions qui s’appliquent. (voir T161 et T162).
Si vous désirez plus de renseignements sur le champ d’application et les bases légales du crédit-temps, vous pouvez consulter la feuille info T139.
Quelles sont les possibilités d’interruption dans le cadre d’un crédit-temps fin de carrière ?
1. Le crédit-temps à mi-temps
Il s’agit d’une interruption partielle vous permettant de réduire vos prestations à mi-temps afin de continuer à travailler à concurrence de 50% de l’horaire de travail à temps plein prévu chez votre employeur. Il est uniquement accessible si vous êtes occupé au moins à 3/4 temps chez l’employeur auprès duquel vous souhaitez réduire vos prestations.
Exemples : le régime horaire à temps plein chez votre employeur est de 38 heures par semaine.
- Si vous êtes occupé à temps plein, le crédit-temps à mi-temps, vous permet de réduire vos prestations pour continuer à prester 19 heures par semaine.
- Si vous êtes occupé à temps partiel à raison de 32 heures par semaine, votre emploi étant supérieur à une occupation 3/4 temps (28,5 heures par semaine), vous pouvez obtenir un crédit-temps à mi-temps et réduire vos prestations pour continuer à prester 19 heures par semaine ;
- Si vous êtes occupé à temps partiel à raison de 25 heures par semaine, votre emploi étant inférieur à une occupation à 3/4 temps (28,5 heures par semaine), vous ne pouvez pas obtenir un crédit-temps à mi-temps et réduire vos prestations pour continuer à prester 19 heures par semaine.
Organisation du travail à mi-temps temps
Le régime de travail à mi-temps résultant du crédit-temps doit être convenu de commun accord avec votre employeur et constaté par écrit dans un avenant au contrat de travail. Ce régime de travail doit obligatoirement être l’un de ceux prévus dans le règlement de travail.
2. Le crédit-temps d’un cinquième
Il s’agit d’une interruption partielle vous permettant de réduire temporairement votre horaire hebdomadaire de travail de 1 jour ou 2 demi-jours par semaine, pour vous permettre de continuer à travailler à concurrence de 80% du temps plein de l’entreprise.
Le crédit-temps d’un cinquième est uniquement accessible si vous êtes occupé à temps plein.
Ce régime de travail à temps plein doit en principe être réparti sur 5 jours ou plus. Une CCT sectorielle ou d’entreprise ou un accord écrit au niveau de l’entreprise peut prévoir la possibilité pour les travailleurs qui travaillent moins de 5 jours de prendre un crédit-temps d’un cinquième. Cette CCT doit régler les modalités d’organisation du droit.
Les travailleurs du week-end sont considérés comme des travailleurs dont le régime de travail n’est pas organisé sur 5 jours ou plus.
Organisation du travail à 4/5 temps
Selon la règle générale, le crédit-temps d’un cinquième impose de réduire l’horaire hebdomadaire à temps plein de 1 jour ou 2 demi-jours.
Toutefois, il est possible de déterminer une autre organisation du travail à 4/5 temps pendant une période de 12 mois maximum. Cette possibilité doit être prévue par une convention collective de travail sectorielle ou d’entreprise. En l’absence de délégation syndicale dans l’entreprise, cette possibilité doit être prévue dans le règlement de travail et à la condition qu’un accord mutuel écrit soit conclu à ce sujet avec l’employeur.
Exemples : le régime horaire à temps plein de l’entreprise est de 38 heures, réparti sur 5 jours par semaine, du lundi au vendredi.
- Si vous êtes occupé à temps plein, le crédit-temps d’un cinquième vous permet de réduire vos prestations à concurrence d’une journée par semaine, par exemple le vendredi.
- Si vous êtes occupé à temps plein, le crédit-temps d’un cinquième vous permet de réduire vos prestations à concurrence de 2 demi-jours par semaine, par exemple, le mercredi après-midi et le vendredi après-midi.
- Si vous êtes occupé à temps plein, à la condition que cette possibilité ait été prévue, vous pouvez réduire votre horaire pour continuer à prester 4/5 du nombre d’heures de cet emploi à temps plein, (30 heures et 24 minutes par semaine), peu importe comment ces heures sont réparties.
Lorsque l’horaire de travail à 4/5 est convenu de commun accord avec l’employeur, il doit être constaté par écrit dans un avenant au contrat de travail.
3. L’interruption complète n’existe pas dans le cadre du crédit-temps fin de carrière
Si vous souhaitez temporairement suspendre la totalité de vos prestations, vous devez solliciter un crédit-temps à temps plein avec motif. Vous trouverez toutes les informations à ce sujet, dans la feuille info T160.
Est-il possible d’obtenir un crédit-temps fin de carrière en cas d’occupation auprès de 2 employeurs différents ?
Oui. En cas d’occupation chez deux employeurs différents vous pouvez interrompre partiellement vos prestations :
- à mi-temps, pour autant que l’occupation globale chez vos 2 employeurs soit au moins égale à une occupation à 3/4 temps;
- d’un cinquième, pour autant que l’occupation globale chez vos 2 employeurs soit au moins égale à une occupation à temps plein, répartie sur au moins 5 jours par semaine.
Une CCT sectorielle ou d’entreprise ou un accord écrit au niveau des entreprises peut prévoir la possibilité pour les travailleurs qui travaillent moins de 5 jours de prendre un crédit-temps d’un cinquième.
L’interruption partielle à mi-temps ou d’un cinquième, peut être demandée:
- soit chez 1 des 2 employeurs;
- soit proportionnellement auprès de chacun des 2 employeurs, à condition que le début et la durée des deux réductions de prestations soient identiques et qu’elles constituent ensemble une réduction de prestations à mi-temps ou d’un cinquième.
Pour déterminer comment la réduction de prestations doit être opérée, il faut tenir compte de la durée du travail à temps plein chez l’employeur auprès duquel la demande est effectuée.
Attention ! Pour pouvoir obtenir le crédit-temps dans l’une de ces hypothèses, l’accord de l’employeur, auprès duquel ou desquels la demande est effecutée, est indispensable. En d’autres termes, il ne s’agit pas d’un droit. Cela signifie que l’employeur peut vous refuser de vous octroyer le crédit-temps demandé, même si vous remplissez toutes les conditions d’accès énumérées ci-après.
Pour plus d’informations à ce sujet, vous pouvez consulter la feuille info T163.
Pendant combien de temps pouvez-vous obtenir le crédit-temps fin de carrière ?
Vous pouvez obtenir le crédit-temps fin de carrière pour la durée de votre choix, pour autant que vous respectiez les durées minimales et maximales ci-dessous.
Durée minimale
- 3 mois, en cas de demande de crédit-temps à mi-temps ;
- 6 mois, en cas de demande de crédit-temps d’un cinquième.
La durée minimale doit être respectée lors de chaque demande de crédit-temps, y compris en cas de prolongation.
Durée maximale
Les crédits-temps fin de carrière à mi-temps ou d’un cinquième peuvent être obtenus jusqu’à la date de votre pension.
Le crédit-temps fin de carrière est-il un droit ?
- Si votre employeur occupe 10 travailleurs ou moins
Chez les employeurs occupant 10 travailleurs ou moins, le crédit-temps fin de carrière n’est pas un droit. Il s’agit uniquement d’une possibilité qui nécessite l’accord de l’employeur. Cet accord doit porter sur le principe du crédit-temps, la forme de la réduction de prestations (à mi-temps ou d’un cinquième temps), sa date de prise de cours et sa durée.
En d’autres termes, si vous remplissez les conditions d’accès prévues chez l’employeur, ce dernier peut soit vous accorder le crédit-temps demandé, soit vous le refuser.
- Si votre employeur occupe plus de 10 travailleurs
Si les conditions d’accès prévues chez l’employeur sont satisfaites, vous avez droit au crédit-temps fin de carrière. Néanmoins, en cas de crédit-temps d’un cinquième avant 55 ans et en cas de crédit-temps à mi-temps (quel que soit votre âge), l’accès est limité à un quota d’absences simultanées.
Quota des absences simultanées
Selon la règle générale, le droit au crédit-temps d’un cinquième des travailleurs de moins de 55 ans et celui du crédit-temps à mi-temps dans le régime fin de carrière ainsi le droit aux différentes formes d’interruption dans le cadre du crédit-temps avec motif est limité à 5 % de l’effectif. Cette limite de 5% peut éventuellement être modifiée par convention collective de travail sectorielle ou d’entreprise, voire par règlement de travail.
Les travailleurs entre 50 et 54 ans qui demandent ou bénéficient d’un crédit-temps d’un cinquième et les travailleurs de 50 ans ou plus qui demandent ou bénéficient d’un crédit-temps à mi-temps ne sont comptés dans le seuil de 5 % que pendant 5 ans et non durant l’entièreté de la durée de leur réduction de prestations.
Dès que le quota des absences simultanées est atteint, la législation prévoit un mécanisme visant à limiter les absences simultanées. Cela signifie que la prise de cours du crédit-temps sera postposée jusqu’au moment où une place se libère.
Exemple : selon la règle générale, dans une entreprise qui occupe 100 travailleurs, uniquement 5 travailleurs (5%) peuvent obtenir simultanément un crédit-temps. Si un sixième travailleur de cette entreprise demande un crédit-temps, l’employeur devra appliquer le mécanisme de planification des absences et, dès lors, le faire patienter jusqu’au moment où une place se libère dans le quota.
Remarque
Les travailleurs de 55 ans ou plus qui sollicitent un crédit-temps d’un cinquième sont hors quota. Cela signifie que ce crédit-temps peut être obtenu par tous les travailleurs de 55 ans ou plus, indépendamment des autres travailleurs occupés chez l’employeur pour lesquels le quota est applicable.
-
Quel que soit le nombre de travailleurs dans l’entreprise
-
Exclusion de certaines catégories de travailleurs
Certaines catégories du personnel peuvent être exclues du droit aux différents types de crédit-temps par convention collective de travail sectorielle ou d’entreprise. Toutefois, si les conditions d’accès sont remplies, le crédit-temps peut être obtenu moyennant l’accord de l’employeur.
Exemple : La CCT conclue au niveau de l’entreprise prévoit que les membres du personnel de direction sont exclus du droit au crédit-temps. Dès lors, si un des membres du personnel de direction demande un crédit-temps, l’employeur peut soit le refuser conformément à la CCT, soit l’accorder si les conditions d’accès sont remplies. - Demande de crédit-temps fin de carrière chez 2 employeurs différents
Pour pouvoir obtenir le crédit-temps fin de carrière alors que l’on est occupé chez 2 employeurs différents, l’accord de l’employeur, auprès duquel ou desquels la demande est effectuée, est indispensable. Dans cette hypothèse, cela signifie que le crédit-temps d’un cinquième n’est pas un droit et ce, même si les conditions d’ancienneté et d’occupation sont satisfaites.
Par ailleurs, lorsque la réduction est demandée proportionnellement chez les deux employeurs, chacun des employeurs doit donner son accord. Les accords respectifs des deux employeurs doivent porter sur le principe de la réduction demandée (par exemple en cas de crédit-temps d’un cinquième, un demi-jour d’inactivité chez chacun des employeurs), sa date de prise de cours et sa durée.
Qui doit déterminer si vous avez droit au crédit-temps ?
C’est votre employeur qui doit déterminer si vous avez droit au crédit-temps demandé.
Pour plus de renseignements à ce sujet, vous devez prendre contact avec votre employeur.
L’employeur peut-il postposer la date de prise de cours du crédit-temps ?
Oui. S’il y a plus de 10 travailleurs, indépendamment des dispositions liées au quota des absences simultanées (voir la question « le crédit-temps fin de carrière est-il un droit ? »), l’employeur peut postposer la date de prise de cours de votre crédit-temps dans 2 hypothèses.
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Report pour des raisons internes ou externes impératives
Pour des raisons internes ou externes impératives, votre employeur peut reporter l’exercice du droit au crédit-temps.
Les raisons internes ou externes impératives sont, entre autres, les besoins organisationnels, la continuité du travail et les possibilités réelles de remplacement. Le conseil d’entreprise peut préciser ces raisons.
En cas de report, le droit au crédit-temps doit prendre cours au plus tard 6 mois à compter du jour où il aurait été exercé en l’absence de report. L’employeur peut toutefois convenir d’autres modalités avec vous. - Report du crédit-temps d’un cinquième des travailleurs de 55 ans ou plus
Si vous avez au moins 55 ans et si vous demandez un crédit-temps d’un cinquième, le quota des absences simultanées ne s’applique pas (voir la question « le crédit-temps fin de carrière est-il un droit ? »).
Dans ce cas, pour ne pas mettre en péril la continuité de l’organisation du travail, l’employeur peut reporter le droit au crédit-temps d d’un cinquième si vous exercez une fonction-clé. La notion de fonction-clé peut être précisée par une convention collective de travail sectorielle ou d’entreprise ou, à défaut de délégation syndicale, dans le règlement de travail.
Exemple : Vous exercez un rôle à ce point important au sein de l’entreprise que votre absence mettrait en péril l’organisation du travail et, pour cette absence, aucune solution ne peut être trouvée par déplacement de personnel ou mutation interne.
En cas de report, le droit au crédit-temps un cinquième doit prendre cours au plus tard 12 mois à compter du jour où il aurait été exercé en l’absence de report. L’employeur peut toutefois convenir d’autres modalités avec vous.
Les différents reports peuvent-ils être utilisés pour une même demande de crédit-temps ?
Non, le délai de report pour des raisons internes ou externes impératives et à celui prévu lorsque le quota des absences simultanées est atteint ou dépassé ne peuvent pas être utilisés pour une même demande de crédit-temps (voir la question le crédit-temps est-il un droit ?).
Par ailleurs, le report spécifique de 12 mois pour les travailleurs de 55 ans ou plus qui exercent une fonction clé et celui de 6 mois, prévu pour des raisons internes ou externes impératives, coexistent mais, ils ne peuvent pas être additionnés.
Quelles sont les conditions à remplir pour obtenir un crédit-temps fin de carrière chez votre employeur et les allocations de l’ONEM ?
Pour pouvoir obtenir le crédit-temps fin de carrière avec allocations d’interruption, vous devez remplir obligatoirement toutes les conditions suivantes :
- Condition d’ancienneté : 24 mois d’ancienneté chez l’employeur où le crédit-temps est demandé au moment de l’avertissement écrit à l’employeur
- Condition d’occupation : avoir été occupé dans le régime de travail imparti pendant les 24 mois qui précèdent l’avertissement écrit à l’employeur
- Condition d’âge : 60 ans ou 55 ans dans le cadre d’un régime spécifique
- Condition de passé professionnel : un certain nombre d’années de passé professionnel salarié variant en fonction de l’âge est requis. Ce nombre sera progressivement relevé à partir du 01.01.2026.
De plus, comme pour tout crédit-temps, vous ne devez pas avoir d’activité ou de revenu dont le cumul est interdit : voir feuille info T1 Règles de cumuls des allocations d'interruption
Vous devez être domicilié en Belgique ou dans un autre pays de l’Espace économique européen ou en Suisse : voir feuille info T111 Domicile du travailleur en interruption de carrière / crédit-temps
Remarque : Si vous ne remplissez pas les conditions pour obtenir le crédit-temps fin de carrière, vous pouvez éventuellement introduire une demande de crédit-temps à mi-temps ou d’un cinquième avec motif. Le crédit-temps avec motif est accessible à tous les travailleurs, quel que soit leur âge. Par ailleurs, il n’y a pas de conditions de passé professionnel salarié et la condition d’occupation doit uniquement être prouvée pendant les 12 mois qui précèdent l’avertissement écrit. Toutefois, le crédit-temps avec motif ne peut être obtenu que si vous pouvez justifier votre demande par l’un des motifs prévus par la réglementation. De plus, il ne permet de réduire vos prestations que pendant une période limitée (et non jusqu’à la prise de votre pension). Enfin, le montant des allocations d’interruption payées par l’ONEM est moins élevé.
Si vous désirez plus d’informations sur le crédit-temps avec motif, vous pouvez consulter la feuille info T160.
1. Condition d’ancienneté
Vous devez avoir au minimum 24 mois d’ancienneté chez l’employeur, au moment de l’avertissement écrit que vous lui transmettez afin de l’informer de votre volonté d’obtenir un crédit-temps (voir la procédure de demande dans la feuille info T159).
Cela signifie que vous devez être dans les liens d'un contrat de travail depuis au moins 24 mois chez l’employeur auprès duquel vous demandez le crédit-temps fin de carrière. Si ce n’est pas le cas, ce délai de 24 mois peut toutefois être réduit de commun accord avec l’employeur.
2. Condition d’occupation
La condition d’occupation à satisfaire est différente selon que vous demandiez un crédit-temps à mi-temps ou d’un cinquième.
Le crédit-temps à mi-temps
Pendant les 24 mois consécutifs qui précèdent l’avertissement écrit transmis à l’employeur, vous devez avoir été occupé :
- à temps plein ;
- ou au moins aux 3/4 d’un emploi à temps plein ;
Le crédit-temps d’un cinquième
Pendant les 24 mois consécutifs qui précèdent l’avertissement écrit transmis à l’employeur, vous devez avoir été occupé :
- à temps plein ;
- ou à 4/5 dans le cadre du système général de crédit-temps d’un cinquième, obtenu en application de la CCT 103 (c’est-à-dire un crédit-temps pour lequel l’avertissement écrit à l’employeur a été effectué à partir du 01.09.2012) ;
- ou à 4/5 dans le cadre du système général de crédit-temps d’un cinquième, obtenu en application de la CCT 77bis (c’est-à-dire un crédit-temps pour lequel l’avertissement écrit à l’employeur a été effectué avant le 01.09.2012).
Remarques
Si vous n’avez pas été occupé dans le régime de travail imparti pendant les 24 mois qui précèdent l’avertissement écrit, certaines périodes d’absence ou d’occupation à temps partiel peuvent être assimilées à des prestations ou peuvent être neutralisées.
Les périodes assimilées comptent comme une période d’occupation effective. Quant aux périodes neutralisées, elles prolongent la période de 24 mois durant laquelle l’occupation doit être vérifiée. Si vous désirez de plus amples informations à ce sujet, vous devez vous renseigner auprès de votre employeur.
Si vous n’êtes pas occupé dans les liens d’un contrat de travail dans l’entreprise depuis au moins 24 mois et si l’employeur a accepté de déroger à cette condition, l’occupation requise pendant 24 mois dans le régime de travail imparti peut être prouvée chez plusieurs employeurs.
3. Condition d’âge
Règle générale
Vous devez avoir au moins 60 ans à la date de prise de cours de votre crédit-temps fin de carrière.
Exceptions – Régimes spécifiques
Vous pouvez obtenir le crédit-temps fin de carrière à mi-temps ou d’un cinquième temps à partir de 55 ans si vous tombez dans un des régimes spécifiques suivants :
- métiers lourds (équipes successives, travail en services interrompus, régime de travail avec prestations de nuit)
- incapacité à continuer une activité professionnelle dans le secteur de la construction,
- occupation dans une entreprise en difficulté ou en restructuration,
- occupation dans une entreprise de travail adapté, un atelier social ou maatwerkbedrijven (CP n°327),
- carrière longue.
Vous devez également prouver un passé professionnel de 25 ans pour tous les régimes spécifiques sauf pour le régime carrière longue pour lequel vous devez prouver 35 ans de passé professionnel (voir 4. Condition de passé professionnel salarié).
Remarque
Le crédit-temps fin de carrière entre 50 et 54 ans n’est plus possible.
Métier lourd
Si vous avez effectué un métier lourd :
- pendant au moins 5 ans durant les 10 ans qui précèdent l’avertissement écrit transmis à l’employeur ou
- pendant au moins 7 ans durant les 15 ans qui précèdent l’avertissement écrit transmis à l’employeur,
vous pouvez bénéficier d’un crédit-temps fin de carrière à partir de 55 ans si vous prouvez 25 ans de passé professionnel.
Qu’est-ce qu’un métier lourd ?
Pour pouvoir obtenir le crédit-temps fin de carrière dès 55 ans sont considérés comme un métier lourd :
Le travail en équipes successives
Il s’agit d’un travail en au moins 2 équipes :
- comprenant 2 travailleurs au moins ;
- qui font le même travail en ce qui concerne son objet et en ce qui concerne son ampleur ;
- qui se succèdent dans le courant de la journée sans qu’il n’y ait d’interruption entre les équipes successives et sans que le chevauchement n’excède 1/4 de leurs tâches journalières ;
- et, à condition que le travailleur change alternativement d’équipes.
Exemples d’occupation qui ne sont pas du travail en équipes successives :
- une équipe de 5 travailleurs travaille de 5h à 8h pour préparer les lieux de travail pour une équipe de production qui travaille de 8h à 16h. Il ne s’agit pas d’équipes successives car elles ne font pas le même travail ;
- une première équipe de 8 travailleurs travaille de 10 à 18h, une seconde équipe de 14 à 22h. Elles effectuent le même travail. Il ne s’agit pas d’équipes successives car il y a un chevauchement de 4h (de 14h à 18h), ce qui représente la moitié, donc plus d’un quart ;
- un travailleur fait le même travail que son collègue. L’un travaille de 6h à 13h30 et l’autre de 13h00 à 18h30. Chaque jour, ils alternent. Il n’y a pas d’autres collègues qui font le même travail. Il ne s’agit pas d’équipes successives car chaque équipe ne comporte qu’un travailleur ;
- il y a 2 équipes de chacune 10 personnes. L’une travaille de 6h à 14h ; la seconde de 14 à 22h. Le travailleur concerné est occupé dans l’équipe de 6h à 14h. Il ne s’agit donc pas de travail en équipe car le travailleur n’alterne pas vu qu’il est toujours dans la même équipe.
Le travail en services interrompus
Il s’agit d’un travail dans lequel vous êtes en permanence occupé en prestations de jour où au moins 11 heures séparent le début et la fin du temps de travail avec une interruption d’au moins 3 heures et un nombre minimum de prestations de 7 heures.
Pour l’application de cette disposition :
- par occupation permanente, il faut comprendre que le service interrompu doit être le régime habituel de travail et non occasionnel ;
- par prestations de jour, il faut comprendre que les prestations se situent exclusivement entre 6 heures du matin et minuit.
Exemple :
Une travailleuse est occupée en permanence comme ouvrière d’entretien avant et après les heures normales de travail de ses collègues et ses prestations sont exercées de 6h30’ à 9h00’ et de 16h00’ à 20h30’. Il s’agit donc bien d’un travail en services interrompus car :
- il s’agit de prestations de jour (entre 6 heures du matin et minuit) ;
- il y a un écart entre le début et la fin de 14heures (de 6h30 à 20h30 = au moins 11heures) ;
- il y a une interruption de 9h00 à 16h00 = 7heures = au moins 3 heures ;
- les prestations totales sont égales à 7 heures (de 6h30 à 9h00 = 2h30 et de 16h00 à 20h30 = 4h30)
Le régime de travail avec prestations de nuit
Si vous avez été occupé depuis au moins 20 ans dans un régime de travail de nuit, vous pouvez bénéficier d’un crédit-temps fin de carrière à partir de 55 ans.
Il doit s’agir d’un travail tel que défini à l’article 1er de la convention collective de travail (CCT) n° 46 relative aux mesures d’encadrement du travail en équipes comportant des prestations de nuit ainsi que d’autres formes de prestations de nuit.
Concrètement, il s’agit de prestations habituellement effectuées dans des régimes de travail comportant des prestations entre 20 heures et 6 heures du matin, à l’exception :
- des personnes occupées dans une entreprise familiale où ne travaillent habituellement que des parents, des alliés ou des pupilles, sous l’autorité exclusive du père, de la mère ou du tuteur ;
- du personnel navigant des entreprises de pêche et de la marine marchande ainsi que le personnel naviguant à des travaux de transport par air.
Comment calculer la période durant laquelle le métier lourd a été exercé ?
Le calcul pour déterminer si le métier lourd a été exercé pendant au moins 5 ans durant les 10 ans qui précèdent ou durant les 7 ans durant les 15 ans qui précèdent l’avertissement écrit de l’employeur (voir la question « quelle est la procédure pour demander le crédit-temps chez votre employeur ? ») s’effectue en périodes calendrier et n’est pas converti en jours. Le fait d’être occupé à temps plein ou à temps partiel n’a pas d’incidence. Cependant, les périodes de suspension totale de l’exécution du contrat de travail ne sont pas prises en compte, à l’exception des jours fériés, des jours de repos compensatoires et des jours de vacances.
Il n’est pas exigé que les périodes durant lesquelles le métier lourd a été exercé se suivent sans interruption ni qu’il s’agisse de la dernière occupation.
Quelles preuves devez-vous fournir ?
Vous devez joindre à votre demande un aperçu des horaires de travail que vous avez effectivement prestés dans les trois derniers mois au cours desquels vous avez travaillé dans le cadre du métier lourd invoqué.
Si vous invoquez le travail en équipes successives, vous devez joindre à votre demande une déclaration de l’employeur attestant que vous travaillez dans un régime d’au moins 2 équipes d’au moins 2 travailleurs qui font le même travail, tant en ce qui concerne son objet qu’en ce qui concerne son ampleur et qui se succèdent dans le courant de la journée sans interruption entre les équipes successives et sans que le chevauchement n’excède un quart de vos tâches journalières, et que vous changez alternativement d’équipe.
Incapacité à continuer une activité professionnelle dans le secteur de la construction
Si vous avez été occupé par un employeur relevant de la commission paritaire de la construction et que vous disposez d’une attestation d’un médecin du travail confirmant que vous êtes dans l’incapacité de poursuivre votre activité professionnelle, vous pouvez bénéficier d’un crédit-temps fin de carrière à partir de 55 ans si vous prouvez 25 ans de passé professionnel.
Occupation dans une entreprise en difficultés ou en restructuration
Vous pouvez bénéficier d’un crédit-temps fin de carrière à partir de 55 ans si vous prouvez 25 ans de passé professionnel et si la date de prise de cours de votre crédit-temps se situe dans une période de reconnaissance de votre entreprise comme étant une entreprise en restructuration ou en difficultés, et si :
- l’entreprise démontre que sa demande de reconnaissance se situe dans le cadre d’un plan de restructuration et permet d’éviter des licenciements ;
- le Ministre de l’Emploi a explicitement précisé dans la décision de reconnaissance que cette condition a été remplie.
Occupation dans une entreprise de travail adapté, un atelier social ou maatwerkbedrijven (CP n°327)
Si vous avez été occupé comme travailleur de groupe-cible par un employeur relevant de la commission paritaire pour les entreprises de travail adapté, les ateliers sociaux et les « maatwerkbedrijven », vous pouvez bénéficier d’un crédit-temps fin de carrière à partir de 55 ans si vous prouvez 25 ans de passé professionnel.
Carrière longue
Si vous avez une carrière longue, vous pouvez bénéficier d’un crédit-temps fin de carrière à partir de 55 ans. Une carrière longue est une carrière de 35 ans de passé professionnel en tant que salarié. Pour plus de détails, voir dans cette même feuille info le point 4. Condition de passé professionnel salarié.
Nécessité d’une convention collective de travail interprofessionnelle et d’une convention collective de travail sectorielle ou d’entreprise pour avoir accès aux allocations selon un des régimes spécifiques
Pour pouvoir bénéficier d’allocations à partir de 55 ans dans le cadre d’un des régimes spécifiques, il faut :
- d’une part qu’une convention collective de travail interprofessionnelle soit conclue par les partenaires sociaux au Conseil national du travail et
- d’autre part qu’une convention collective de travail sectorielle ou d’entreprise soit également conclue en application de cette convention interprofessionnelle.
La convention interprofessionnelle et les conventions sectorielles ou d’entreprise ne peuvent être conclues que pour une durée de maximum 2 ans. Elle peuvent toutefois être prolongées dans les mêmes conditions ou avec d’autres conditions.
Si aucune convention collective sectorielle ou d’entreprise n’a été conclue en application de la convention collective de travail interprofessionnelle, l’âge d’accès aux allocations est maintenu à 60 ans.
Nécessité d’une CCT sectorielle ou, à défaut, d’une adhésion
Durant la période du 01.01.2026 au 31.12.2027, pour pouvoir obtenir des allocations dès 55 ans, il faut qu’une CCT sectorielle soit conclue en application de la CCT interprofessionnelle n°179 pour les travailleurs qui ont une carrière longue, qui exercent un métier lourd ou qui sont occupés dans une entreprise en difficultés ou en restructuration.
Durant la période du 01.01.2028 au 30.06.2029, pour pouvoir obtenir des allocations dès 55 ans, il faut qu’une CCT sectorielle soit conclue en application de la CCT interprofessionnelle n°180 pour les travailleurs qui ont une carrière longue, qui exercent un métier lourd ou qui sont occupés dans une entreprise en difficultés ou en restructuration.
Il ne faut pas de CCT sectorielle ou d’adhésion pour appliquer les CCT interprofessionnelles n°181 et 182 qui s’adressent aux travailleurs des entreprises de travail adapté, des ateliers sociaux et des “maatwerkbedrijven” qui ont au moins 25 ans de carrière professionnelle (CP 327). La CCT n°181 ess applicable durant la période du 01.01.2026 au 31.12.2027 et la CCT n°182 est applicable durant la période du 01.01.2028 au 30.06.2029.
Mention de la CCT ou de l’adhésion dans la demande d’allocations
Dans sa partie de la demande d’allocations d’interruption, l’employeur doit mentionner le numéro d’enregistrement de la CCT sectorielle permettant l’application des exceptions ou, s’il s’agit d’une entreprise reconnue en restructuration ou en difficulté, fournir une copie de la CCT d’entreprise.
S’il n’y a pas de commission paritaire instituée ou si la commission paritaire instituée ne fonctionne pas, l’employeur doit fournir, en annexe de la demande d’allocations, une copie de l’adhésion à la CCT interprofessionnelle n° 179 (durant la période du 01.01.2026 au 31.12.2027) et n°180 (durant la période du 01.01.2028 au 30.06.2029).
4. Condition de passé professionnel salarié
Pour pouvoir bénéficier d’allocations d’interruption dans le cadre d’un crédit-temps fin de carrière, vous devez, en plus des 3 premières conditions, pouvoir justifier d’un certain nombre d’années de travail en tant que salarié. Certaines périodes sont assimilées à des périodes de travail et sont prises en compte dans le calcul du passé professionnel.
Travailleurs de 60 ans et plus
A partir de 60 ans et plus, vous devez justifier d’une carrière professionnelle qui sera progressivement relevée d’ici 2030 et qui est différente pour les hommes et les femmes.
A partir du 01.01.2026, si vous avez 60 ans ou plus et que vous demandez un crédit-temps fin de carrière à ½ temps ou d’un cinquième temps, vous devez au moment de l’avertissement écrit à votre employeur, prouver une carrière professionnelle de 31 ans si vous êtes un homme et de 26 ans si vous êtes une femme.
Ce nombre d’années est progressivement augmenté chaque année :
|
|
hommes |
femmes |
|---|---|---|
|
01.01.2027 |
32 ans |
27 ans |
|
01.01.2028 |
33 ans |
28 ans |
|
01.01.2029 |
34 ans |
29 ans |
|
01.01.2030 |
35 ans |
30 ans |
Comment est calculé le passé professionnel salarié ?
Les jours de travail et les jours assimilés depuis le début de votre carrière sont additionnés. Le total de ces jours doit ensuite être divisé par 312 pour déterminer le nombre d’années de passé professionnel. Si le solde restant est égal ou supérieur à 156 jours, le nombre d’années peut être arrondi à l’unité supérieure.
Par “jour de travail”, il faut comprendre les jours durant lesquels vous avez exercé une activité salariée pour lesquels vous avez perçu une rémunération faisant l’objet de retenues de sécurité sociale pour l’ONSS, dans la branche chômage.
Les jours de travail indépendant pour lesquels des cotisations ont été versées à l’INASTI ne peuvent pas pris en compte. Les jours de travail en tant que fonctionnaire statutaire ne peuvent pas non plus être pris en compte, sauf dans le cadre de certaines exceptions.
Tous les jours de travail salariés prestés à temps plein peuvent être pris en compte à concurrence de maximum 312 jours par an.
Sauf s’ils ont été prestés durant une période assimilée, les jours de travail à temps partiel doivent être comptabilisés au prorata des prestations effectuées. Par exemple, si, durant une année, vous avez travaillé 312 jours à mi-temps, vous devez comptabiliser 156 jours, c’est-à-dire 312/2.
Pour connaître les périodes de suspension ou de réduction de prestations qui peuvent être assimilées, vous pouvez prendre contact avec le bureau de l’ONEM dont vous dépendez. Il vous fournira un aperçu schématique de ces périodes et, pour chacune d’entre-elles, le nombre d’années et de jours qui peuvent être assimilés à des jours de travail à temps plein pour le calcul de votre passé professionnel salarié.
Vous pouvez demander un calcul préalable de votre passé professionnel au moyen du formulaire C61 - Passé professionnel crédit-temps de fin de carrière| Office national de l'emploi
S’il ressort de votre calcul que vous , vous devrez déclarer sur l’honneur que vous satisfaisez à cette condition dérogatoire. Cette déclaration doit être effectuée dans la demande d’allocations d’interruption à introduire auprès de l’ONEM.
Travailleurs à partir de 55 ans
A partir de 55 ans et plus, si vous demandez un crédit-temps fin de carrière à mi-temps ou d’un cinquième temps, vous devez justifier d’une carrière professionnelle de 25 ans pour les régimes spécifiques suivants : métiers lourds, prestations de nuit, incapacité de travail dans le secteur de la construction, entreprises en difficulté ou en restructuration et entreprise de travail adapté, atelier social ou maatwerkbedrijven, ou d’une carrière professionnelle de 35 ans si vous optez pour le régime spécifique de la carrière longue.
Les métiers lourds
Si à la date d’avertissement écrit à l’employeur, vous avez effectué un métier lourd
- pendant au moins 5 ans durant les 10 ans qui précèdent l’avertissement écrit transmis à l’employeur ou
- pendant au moins 7 ans durant les 15 ans qui précèdent l’avertissement écrit transmis à l’employeur.
Vous devez prouver une carrière professionnelle de 25 ans.
Si à la date d’avertissement écrit à l’employeur, vous avez été occupé depuis au moins 20 ans dans un régime de travail de nuit
Vous devez prouver une carrière professionnelle de 25 ans. Il doit s’agir d’un travail tel que défini à l’article 1er de la convention collective de travail (CCT) n° 46 relative aux mesures d’encadrement du travail en équipes comportant des prestations de nuit ainsi que d’autres formes de prestations de nuit.
Concrètement, il s’agit de prestations habituellement effectuées dans des régimes de travail comportant des prestations entre 20 heures et 6 heures du matin, à l’exception :
- des personnes occupées dans une entreprise familiale où ne travaillent habituellement que des parents, des alliés ou des pupilles, sous l’autorité exclusive du père, de la mère ou du tuteur ;
- du personnel navigant des entreprises de pêche et de la marine marchande ainsi que le personnel naviguant à des travaux de transport par air.
Incapacité à continuer une activité professionnelle dans le secteur de la construction
Si à la date d’avertissement écrit à l’employeur, vous disposez d’une attestation d’un médecin du travail confirmant que vous êtes dans l’incapacité de poursuivre votre activité professionnelle dans le secteur de la construction, vous devez prouver une carrière professionnelle de 25 ans.
Occupation dans une entreprise en difficultés ou en restructuration
Si la date de prise de cours de votre crédit-temps se situe dans une période de reconnaissance de votre entreprise comme étant une entreprise en restructuration ou en difficultés, et si :
- l’entreprise démontre que sa demande de reconnaissance se situe dans le cadre d’un plan de restructuration et permet d’éviter des licenciements ;
- le Ministre de l’Emploi a explicitement précisé dans la décision de reconnaissance que cette condition a été remplie ;
vous devez prouver une carrière professionnelle de 25 ans.
Occupation dans une entreprise de travail adapté, un atelier social ou maatwerkbedrijven (CP n°327)
Si vous avez été occupé comme travailleur de groupe-cible par un employeur relevant de la commission paritaire pour les entreprises de travail adapté, les ateliers sociaux et les « maatwerkbedrijven », vous pouvez bénéficier d’un crédit-temps fin de carrière à partir de 55 ans. Vous devez prouver une carrière professionnelle de 25 ans
Carrière longue
Si vous invoquez la carrière longue, au moment de l’avertissement écrit à l’employeur, vous devez prouver une carrière professionnelle de 35 ans.
Comment sont calculés les 25 ans de passé professionnel salarié ?
Pour le calcul du passé professionnel en tant que salarié, on prend en compte le travail effectif normal et les prestations supplémentaires sans repos compensatoire, effectués dans une profession et/ou une entreprise assujettie à la sécurité sociale, pour lesquels une rémunération au moins égale au salaire minimum a été payée et sur laquelle les retenues de sécurité sociale ont été opérées, y compris celles pour le secteur chômage.
Cela signifie que les prestations en tant que travailleur indépendant ne peuvent pas être prises en compte pour le calcul du passé professionnel salarié.
Les prestations de travail comme fonctionnaire statutaire dans le secteur public ou dans l’enseignement ne peuvent pas non plus être prises en compte. Il en est de même pour les militaires de carrière. Sous certaines conditions, une période d’occupation en tant qu’engagé volontaire dans l’armée peut être régularisée.
Quid en cas de travail salarié à l’étranger ?
Le travail salarié effectué à l’étranger ne peut être pris en considération que dans les limites de la réglementation du chômage.
Cela signifie que ce sont les conventions bilatérales et internationales qui déterminent les conditions sous lesquelles des périodes d’occupation à l’étranger pourraient être prises en considération. Dès lors, à quelques exceptions près, aucune période d’occupation dans les pays en dehors de l’Espace économique européen ne peut être pris en compte.
Périodes assimilées à du travail salarié
Les périodes non prestées, énumérées ci-après, sont assimilées à du travail salarié.
En conséquence, les journées couvertes par l’une de ces périodes peuvent être comptabilisées pour le calcul du passé professionnel, à prendre en considération.
1. Les journées couvertes par une indemnité de préavis ou par une indemnité en compensation du licenciement ;
2. Les journées de chômage complet pour lesquelles le chômeur a :
- suivi une formation professionnelle ;
- été occupé en atelier protégé en qualité de chômeur handicapé difficile à placer ;
- été occupé en tant que chômeur mis au travail ;
3. Les journées indemnisées dans le cadre d’un chômage temporaire ;
4. Les journées couvertes par une indemnité d’incapacité de travail, en application de la législation relative à l’assurance obligatoire soins de santé et indemnités ;
5. Les journées couvertes par une indemnité résultant d’un accident de travail, d’un accident sur le chemin du travail, d’une maladie professionnelle ou d’une pension d’invalidité pour ouvriers mineurs ;
6. Les journées de vacances légales et celles de vacances en vertu d’une convention collective de travail rendue obligatoire, pour autant que ces journées aient donné lieu au paiement du pécule de vacances ainsi que les journées couvertes par un pécule de vacances pendant une période de chômage complet ;
7. Les périodes qui ont donné lieu au paiement d’une allocation de transition, telle que prévue dans la réglementation relative aux pensions ;
8. Les journées d’absence du travail avec maintien de la rémunération, sur lesquelles ont été retenues des cotisations de sécurité sociale, y compris celles pour le secteur chômage ;
9. Les jours fériés ou de remplacement pendant une période de chômage temporaire ;
10. Les jours d’incapacité de travail avec rémunération garantie deuxième semaine et les jours d’incapacité de travail avec complément ou avance, conformément à la convention collective de travail n° 12bis ou n° 13bis ;
11. Les jours de repos compensatoire ;
12. Les jours de grève, de lock-out et les jours de chômage temporaire par suite de grève ou de lock-out ;
13. Les jours de carence ;
14. Les journées chômées pour cause de gel qui ont été indemnisées par le Fonds de sécurité d’existence des ouvriers de la construction ;
15. Les jours d’exercice de la fonction de juge social ;
16. Les autres journées d’absence au travail sans maintien de la rémunération à raison de maximum dix jours par année civile ;
17. Les journées d’absence du travail, en vue de fournir des soins d’accueil ;
18. Les jours au cours desquels une formation professionnelle (au sens de la réglementation du chômage) a effectivement été suivie ou au cours desquels le travailleur a été actif dans le cadre d’un stage de transition, à concurrence de 96 jours maximum ;
19. Les journées de présence sous les armes en vertu d’un appel ou d’un rappel sous les drapeaux ainsi que les journées de service accomplies en tant qu’objecteur de conscience ou les journées de prestations remplies par un milicien qui sont assimilées au service militaire, en vertu de la législation concernée.
Dans la liste énumérée ci-avant, les journées assimilées situées à l’étranger ne peuvent être prises en considération que dans les limites de la réglementation du chômage.
Comment calculer le passé professionnel salarié ?
Par année civile, un maximum de 313 jours de travail salarié ou assimilé peut être pris en compte.
Le travail à temps partiel est également pris en compte, en convertissant les heures de travail en journées de travail. Pour cela, il faut utiliser la formule : nombre d’heures de travail et d’heures assimilées X 6 / l’horaire de travail à temps plein.
Pour effectuer le calcul, le nombre total de jours de travail salarié ou assimilé, depuis le début de la carrière jusqu’au jour de la demande écrite de crédit-temps transmise à l’employeur, doit être additionné. Le total obtenu divisé par 312, donne le nombre d’années de passé professionnel en tant que salarié.
Qui doit effectuer le calcul du passé professionnel salarié et comment le déclarer à l’ONEM ?
Vous devez pouvoir justifier le nombre de jours requis de passé professionnel salarié et, en apporter la preuve à l’ONEM. Toutefois, vous êtes dispensé de l’introduction de pièces justificatives concernant les données que nos services peuvent obtenir auprès d’autres organismes de sécurité sociale, c’est-à-dire les données de carrière en Belgique, gérées par SIGEDIS.
N.B. : SIGEDIS est l’organisme qui gère les données sociales liées à votre carrière, en les récoltant et en les enregistrant dans ses banques de données. Ces banques de données sont mises à la disposition d’institutions publiques, telles que l’ONEM, afin qu’elles puissent être utilisées. Si vous désirez plus d’informations à ce sujet, vous pouvez consulter leur site Internet : www.sigedis.be.
Vu que SIGEDIS ne fournit pas le décompte des journées de présence sous les armes en vertu d’un appel ou d’un rappel à l’armée, ni les journées d’objecteur de conscience ou les journées de prestations de milicien assimilées au service militaire, si vous avez été dans une de ces situations, vous devez fournir à l’ONEM une preuve mentionnant le nombre de journées pouvant être prises en compte.
SIGEDIS ne fournissant pas non plus le décompte des jours d’occupation à l’étranger, si vous avez travaillé en tant que salarié dans un autre pays de l’Espace économique européen, vous devez en apporter la preuve écrite à l’ONEM, par tous les moyens nécessaires (par exemple : le formulaire européen U1, complété par l’institution étrangère compétente ou toute autre pièce justificative). Pour d’éventuelles prestations soumises à la sécurité sociale d’outre-mer, si vous sollicitez un crédit-temps fin de carrière avant le 01.01.2019, vous devez également apporter la preuve du nombre de jours salariés pris en compte, par toute(s) pièce(s) justificative(s) probante(s).
L’ONEM peut-il calculer préalablement votre passé professionnel salarié ?
Oui. Si vous le désirez, vous pouvez demander au bureau de l’ONEM, dont vous dépendez, de calculer votre passé professionnel salarié. Pour ce faire, vous pouvez compléter le formulaire « C61 – Passé professionnel crédit-temps fin de carrière ».
Sur la base de cette demande, le bureau de l’ONEM calculera votre passé professionnel à l’aide des données disponibles auprès de la Banque Carrefour de la sécurité sociale et vous informera du résultat.
Quid en fonction du résultat ?
S’il ressort de la réponse fournie par l’ONEM que vous avez le passé professionnel salarié requis, vous pouvez fournir cette preuve à votre employeur lorsque vous lui demandez à bénéficier du droit au crédit-temps fin de carrière.
À l’inverse, si vous n’avez pas le passé professionnel exigé, vous ne pouvez pas obtenir le crédit-temps fin de carrière auprès de votre employeur. Toutefois, si vous estimez que l’ONEM n’a pas pris en compte certains éléments dans le calcul de votre passé professionnel, vous pouvez introduire une nouvelle demande sur la base de pièces justificatives supplémentaires (par exemple, la preuve d’années de carrière salariée exercées dans un autre pays européen).
Montants des allocations d’interruption
L’allocation est forfaitaire. Son montant ne varie pas en fonction de votre rémunération. Toutefois, certains critères peuvent influencer ce montant. Ils sont les suivants :
- la fraction de réduction de prestations demandée (crédit-temps à mi-temps ou d’un cinquième) ;
- en cas de demande de crédit-temps à mi-temps, obtenu au départ d’un emploi à temps partiel au moins égal à un 3/4 temps, l’allocation est calculée au prorata de la fraction d’occupation.
Exemple : si vous êtes occupé à 4/5 temps, le montant de l’allocation de crédit-temps à mi-temps est octroyé à 4/5 du montant prévu pour les travailleurs à temps plein.
- lorsque le crédit-temps ne dure pas tout un mois, une partie proportionnelle du montant de l’allocation est octroyée en fonction du nombre de jours couverts par le crédit-temps ;
- en cas de demande de crédit-temps d’un cinquième temps, l’allocation varie selon que vous êtes cohabitant ou isolé. Pour l’application de cette disposition, vous êtes considéré travailleur isolé dans 2 hypothèses :
- si vous habitez tout seul. Dans ce cas, vous bénéficiez d’une allocation majorée ;
- si vous cohabitez uniquement avec un ou plusieurs enfants, dont au moins un est à votre charge. Dans ce cas, vous bénéficiez d’une allocation majorée, dont le précompte professionnel est réduit.
Les allocations sont soumises au précompte professionnel. Cela signifie que l’allocation mensuelle perçue est une allocation nette, dont le précompte a déjà été déduit.
Nb : pour plus d’information sur l’aspect fiscal et notamment sur le taux du précompte prélevé sur les allocations de crédit-temps, voir la question : quel est l’impact des allocations sur vos impôts ?
Pour connaître les montants des allocations : voir la rubrique "Barèmes" de ce site Internet.
Vous pouvez également connaître le montant de l’allocation à laquelle vous pouvez prétendre via l’application « Break @ Work »
Où les allocations d’interruption peuvent-elles être payées ?
Le paiement des allocations d'interruption s’effectue par virement bancaire. Le paiement peut être effectué sur un compte financier en :
- en Belgique ;
dans un pays appartenant à l’espace unique de paiements en Euro, aussi appelé SEPA ( = Single Euro Payments Area). Pour connaître la liste des pays, voir EPC Document
Que se passe-t-il si l’employeur ou un fonds sectoriel vous paie une indemnité complémentaire en plus de l’allocation de l’ONEM ?
L’employeur ou un fonds sectoriel peut vous payer une indemnité complémentaire en plus de l’allocation octroyée par l’ONEM (si une convention collective de travail sectorielle ou d’entreprise le prévoit ou via un accord individuel conclu avec l’employeur).
Dans certains cas, une retenue est calculée sur le montant total de l’allocation d’interruption et de l’indemnité complémentaire.
Votre situation familiale peut avoir un impact sur ce calcul. Vous devez donc annexer à votre demande un formulaire C1-Crédit-temps-CCT n°103-06/17, ce formulaire vous permet de déclarer votre situation familiale.
Cela ne concerne que les travailleurs de 45 ans ou plus qui bénéficient d’un crédit-temps à mi-temps,
Crédit-temps fin de carrière sans allocation
Vous pouvez obtenir un crédit-temps fin de carrière auprès de votre employeur et ne pas demander les allocations de l’ONEM. Dans ce cas, vous ne devez pas remplir les conditions d’octroi des allocations, mais uniquement les conditions d’accès chez votre employeur.
De plus, vous n’êtes pas soumis aux règles de cumul avec d’autres activités et revenus, ni aux règles relatives au domicile (voir les questions prévues à ce sujet).
Exemple : Si vous souhaitez obtenir un crédit-temps fin de carrière pour débuter une activité non cumulable (par exemple une activité indépendante) ou si vous percevez une pension, vous pouvez demander le crédit-temps sans allocations.
Vous devez néanmoins déclarer ce crédit-temps sans allocation à l’ONEM en introduisant un une demande de crédit-temps auprès du bureau de l’ONEM du ressort de votre domicile (voir la question ci-après).
Que se passe-t-il si vous demandez les allocations mais que ne remplissez pas les conditions d’octroi ?
Si vous remplissez les conditions d’accès pour obtenir le crédit-temps chez l’employeur, mais que l’ONEM vous refuse les allocations car vous ne remplissez pas les conditions d’octroi, vous êtes en crédit-temps sans allocation.
En d’autres termes, l’interruption partielle accordée par votre employeur continuera jusqu’à la date d’échéance sollicitée, mais sans le paiement des allocations par l’ONEM. Dans ce cas, vous aurez uniquement droit à la rémunération payée par l’employeur sur la base de votre régime de travail à temps partiel. De plus, la fraction interrompue ne pourra pas être assimilée pour votre pension.
Si vous ne désirez pas rester en interruption sans allocation, pour revenir dans votre régime de travail initial, vous devez mettre un terme anticipé au crédit-temps, moyennant l’accord de votre employeur. Cet accord doit porter sur le principe et la date de la fin anticipée. Si vous obtenez l’accord de l’employeur pour mettre fin à votre crédit-temps, vous devez en avertir le bureau de l’ONEM dont vous dépendez, par écrit. Pour ce faire vous pouvez utiliser la « déclaration de modifications des données… », dont le modèle peut être téléchargé sur ce site.
Quelle est la procédure de demande auprès de l’ONEM ?
Pour connaître la procédure, vous pouvez consulter la feuille info T159.
Traitement de votre demande par l’ONEM
Lorsque l’ONEM reçoit votre demande de crédit-temps, il est traité et, ensuite, vous recevez une réponse au moyen de la décision C62.
Pour plus d’informations à ce sujet, vous pouvez consulter la feuille info T159.
Contestation de la décision de l’ONEM
Oui, vous pouvez introduire un recours contre la décision de l’ONEM auprès du tribunal du travail compétent.
Pour plus de renseignements sur la procédure à suivre, vous pouvez consultez la feuille info T110.
Suivi en ligne de votre dossier
Pour plus d’informations à ce sujet, vous pouvez consulter la feuille info T159.
Modification de votre situation pendant le crédit-temps
Si une ou plusieurs des données que vous avez communiquées au bureau de l’ONEM dans votre demande est modifiée durant votre crédit-temps, vous devez en informer votre bureau de l’ONEM immédiatement, par écrit.
Pour plus d’informations à ce sujet, vous pouvez consulter la feuille info T159.
Pouvez-vous mettre un terme anticipé au crédit-temps en cours ?
Oui, mais il s’agit uniquement d’une possibilité et non d’un droit.
Que ce soit pour changer de fraction d’interruption (c’est-à-dire passer d’une réduction d’un cinquième à une réduction à mi-temps ou inversement), pour reprendre vos fonctions dans votre régime horaire initial ou pour demander à bénéficier d’un congé thématique (congé pour assistance médicale, congé pour soins palliatifs ou congé parental), la fin anticipée du crédit-temps en cours nécessite obligatoirement l’accord de l’employeur. Cet accord doit porter sur le principe et la date de la fin anticipée.
En cas d’accord, vous devez informer, par écrit, le bureau de l’ONEM de la date de la fin anticipée du crédit-temps. Pour ce faire vous pouvez utiliser la « déclaration de modifications des données… », dont le modèle peut être téléchargé sur ce site.
Êtes-vous protégé contre le licenciement pendant votre crédit-temps ?
OUI. La législation prévoit une protection contre le licenciement. Elle a pour but de vous garantir l’usage du droit au crédit-temps et, le cas échéant, la possibilité de récupérer le régime horaire initial de l’emploi dont vous avez réduit les prestations.
Cette protection prend cours le jour de l’accord ou le jour de l’avertissement écrit s’il est fait usage d’un droit au crédit-temps. Elle prend fin 3 mois après la date de fin du crédit-temps.
Grâce à cette protection, votre employeur ne peut pas résilier unilatéralement votre contrat de travail. Toutefois, la protection ne s’applique pas si le licenciement est justifié par un motif grave ou suffisant. Pour l’application de cette mesure :
- est considéré comme motif grave, toute faute grave rendant immédiatement et définitivement impossible toute collaboration professionnelle entre l’employeur et le travailleur ;
- est considéré comme motif suffisant, le motif reconnu comme tel par le juge et dont la nature et l’origine sont étrangères à l’interruption de carrière. Parmi ceux-ci, le licenciement pour cause de prépension conventionnelle est considéré comme motif suffisant.
Que se passe-t-il si l’employeur vous licencie malgré la protection ?
Si l’employeur vous licencie pendant la période de protection pour une autre raison qu’un motif grave ou suffisant, il est tenu de vous payer une indemnité forfaitaire égale à 6 mois de rémunération, en plus de l’indemnité de préavis (voir ci-après).
En cas de licenciement, quelles sont les modalités applicables ?
Indépendamment de la protection prévue par la législation et du paiement éventuel de l’indemnité forfaitaire égale à 6 mois de salaire, il se peut que l'employeur vous licencie pendant votre crédit-temps.
Si l’employeur vous notifie un préavis
Lorsque vous êtes licencié moyennant préavis, le contrat de travail perdure durant une période, appelée préavis. Le préavis court durant la période de crédit-temps mi-temps ou un cinquième.
Cela signifie que pendant ce préavis, l’employeur vous rémunère sur la base de vos prestations à temps partiel et l’ONEM continue à vous payer les allocations de crédit-temps en fonction de la fraction de réduction de prestations.
Si l’employeur rompt votre contrat, moyennant une indemnité compensatoire de préavis
Lorsque le licenciement est donné sans qu’aucun préavis ne soit notifié ou lorsque le délai de préavis est insuffisant, le contrat de travail est rompu immédiatement. Dans ce cas, l’employeur est tenu de vous payer une indemnité, appelée indemnité compensatoire de préavis, pendant une période égale soit à la durée du délai de préavis qui aurait dû être notifié, soit à la différence entre le délai notifié et le délai dû.
Etant donné que le contrat de travail est rompu avec effet immédiat, le crédit-temps mi-temps ou un cinquième cesse d’exister et, dès lors, les allocations de l’ONEM cessent d’être payées à partir de la date de cette rupture.(…)
Une distinction doit être opérée entre le crédit-temps fin de carrière à durée indéterminée d’une part, et à durée déterminée, d’autre part.
Si vous avez demandé votre crédit-temps fin de carrière pour une durée indéterminée, l’indemnité compensatoire de préavis est calculée sur la base de la rémunération qui était due dans le cadre de la diminution des prestations, à savoir sur la rémunération à temps partiel que vous perceviez au moment du licenciement.
Si vous avez demandé votre crédit-temps fin de carrière pour une durée déterminée, l’indemnité compensatoire de préavis est calculée sur la base de la rémunération que vous auriez perçue si vous n'aviez pas interrompu partiellement votre carrière.
Que devez-vous faire si votre employeur vous licencie pendant le crédit-temps ?
Vous devez immédiatement avertir, par écrit, le bureau de l’ONEM dont vous dépendez de la date de la rupture de votre contrat de travail.
Droit aux allocations de chômage
Après la période couverte par le préavis ou l’indemnité de compensatoire de préavis, vous avez droit à des allocations de chômage calculées sur la base de la rémunération à laquelle vous auriez eu droit si vous n’aviez pas demandé le crédit-temps.
Perte du droit aux allocations
Votre droit aux allocations est perdu :
- à la fin du délai mentionné dans l'accord avec votre employeur, sauf si ce délai est prolongé après accord mutuel;
- à partir du jour où vous reprenez le travail auprès du même ou auprès d'un autre employeur;
- à partir du jour où votre contrat de travail prend fin;
- à partir du jour où vous bénéficiez d'une pension;
- à partir du jour où vous cumulez pendant plus de 24 mois un crédit-temps à mi-temps ou plus de 60 mois un crédit-temps d’un cinquième temps avec une activité indépendante;
- à partir du jour où vous entamez une activité indépendante ;
- à partir du jour où vous entamez une activité salariée quelconque;
- à partir du jour où vous augmentez le nombre d'heures de votre activité complémentaire salariée préexistante.
- à partir du jour où vous exercez un mandat politique non autorisé ;
- à partir du jour où vous effectuez une activité rémunérée à l’étranger dans le cadre d’un projet reconnu de coopération au développement pour le compte d’une organisation de coopération au développement non gouvernementale reconnue.
Conséquence de la perte du droit aux allocations
En cas de perte du droit aux allocations, vous restez en crédit-temps sans allocation chez votre employeur. Cela signifie que la période de crédit-temps sollicitée continue à courir jusqu’à la date de fin initialement demandée.
Toutefois, si vous perdez le droit aux allocations pendant la période de crédit-temps, vous pouvez éventuellement mettre fin au crédit-temps moyennant l’accord de votre employeur et retourner travailler dans votre régime horaire initial. Dans ce cas, vous devez en avertir par écrit le bureau de l’ONEM dont vous dépendez.
Récupération des allocations déjà payées
Toutes les allocations indûment perçues sont récupérées entre autres :
- lorsque votre période effective de crédit-temps avec allocations n'atteint pas la durée minimale de 3 mois en cas de crédit-temps mi-temps et de 6 mois en cas de crédit-temps d’un cinquième.
Si en raison de circonstances exceptionnelles, vous ne respectez pas cette durée minimale, vous pouvez introduire une demande motivée d'exonération auprès du directeur de votre bureau de l’ONEM qui la transmet à l'Administrateur général. Si les circonstances évoquées sont considérées comme exceptionnelles, l’Administrateur général de l'ONEM peut renoncer à la récupération des allocations.
- lorsque vous n'avertissez pas le bureau de l’ONEM au préalable par écrit du début d'une activité salariée ou de l'augmentation du nombre d'heures d’une activité complémentaire salariée préexistante ou de l'exercice d'une activité indépendante, de l’exercice d’un mandat politique, de l’exercice d’une activité rémunérée à l’étranger dans le cadre d’un projet agrée de coopération au développement ou du bénéfice d’une pension ;
- lorsque vous n’avertissez pas l’ONEM de la fin de votre contrat de travail (démission ou licenciement) avant l’échéance de votre crédit-temps ;
- lorsque vous n’avertissez pas l’ONEM du fait que vous vous êtes fait domicilier en dehors de l’Espace économique européen ;
- Etc.
Quel est le montant récupéré ?
L’ONEM récupère le montant brut de l’allocation bien que vous perceviez le montant net de cette allocation.
Votre fiche fiscale tient compte des sommes remboursées.
Lorsque vous prouvez que vous avez perçu de bonne foi des allocations auxquelles vous n’aviez pas droit, la récupération est limitée aux 150 derniers jours d'indemnisation indue. Il n'est pas tenu compte de cette limitation en cas de cumul avec une prestation octroyée en vertu d'un régime de sécurité sociale.
Conséquence d’un emprisonnement pendant le crédit-temps
Le paiement des allocations d'interruption est suspendu pendant une période d'emprisonnement. Dès lors, si vous êtes incarcéré pendant une période durant laquelle vous percevez des allocations d'interruption, vous avez l'obligation d'en informer, par écrit, le bureau de l'ONEM, dont vous dépendez. Si des allocations d'interruption vous sont payées alors que vous êtes déjà emprisonné, vous devrez les rembourser.
Si la période d'incarcération est plus courte que celle de votre interruption ou de votre réduction de prestations, vous devez transmettre au bureau de l'ONEM un document officiel indiquant la date à laquelle se termine votre emprisonnement, de sorte que votre droit aux allocations d'interruption puisse être rouvert.
Impact des allocations sur vos impôts
L’allocation est imposable. Elle est fiscalement considérée comme un revenu de remplacement.
Précompte professionnel
Toutes les allocations sont soumises à un précompte professionnel.
Cette retenue à la source entraîne une diminution du montant de l’allocation de crédit-temps perçue, mais a l’avantage d’alléger l’impôt à acquitter après calcul définitif de celui-ci.
En cas de crédit-temps mi-temps
Le taux du précompte est de :
- 17,15%, si vous être isolé c’est-à-dire si vous habitez tout seul ou si vous cohabitez uniquement avec un ou des enfant(s) dont au moins un est à votre charge d’un point de vue fiscal et ce, quel que soit votre âge ;
- 35%, si vous n’êtes pas isolé.
En cas de crédit-temps un cinquième
Le précompte professionnel prélevé sur votre allocation de crédit-temps un cinquième est de :
- 35 % si vous n’êtes pas isolé ;
- 35% si vous êtes isolé et que vous habitez seul ;
- 17,15% si vous êtes isolé et que vous cohabitez uniquement avec un ou plusieurs enfants dont au moins un est à votre charge.
Exonération éventuelle du précompte professionnel
Si vous êtes travailleur frontalier français ou si vous êtes résident fiscal de la France, de nationalité française rémunéré par un employeur public belge, vous pouvez être exonéré du précompte professionnel. Si vous désirez des renseignements à ce sujet, vous pouvez consulter la feuille info T119 Pouvez-vous être exonéré du précompte professionnel retenu sur les allocations d'interruption?
Déclaration fiscale
La fiche de rémunération 281.18 sur laquelle est indiqué le total des allocations perçues et le total du précompte professionnel retenu durant l’année fiscale vous permet de remplir votre déclaration d’impôts. En cas de paiement tardif, les sommes perçues seront mentionnées sur la fiche 281.18 de l’année du paiement.
Cette fiche vous est envoyée de manière électronique. Elle peut être consultée dans votre « eBox » ou via votre dossier « interruption de carrière / crédit-temps » ainsi que via « Tax-on-web/My Minfin ».
L’« eBox » est le service en ligne de la sécurité sociale. Il s’agit d’une boîte E-mail sécurisée et personnelle grâce à laquelle chaque citoyen peut recevoir de manière centralisée des documents officiels des différentes institutions de la sécurité sociale, dont l’ONEM.
Pour plus d’informations au sujet de l’eBox, consultez : www.myebox.be
Néanmoins, si vous souhaitez quand même encore recevoir un exemplaire papier de votre fiche fiscale, vous pouvez le demander au bureau de l’ONEM du ressort de votre domicile.
Informations complémentaires
Pour toutes questions complémentaires concernant l’impact des allocations sur le calcul de vos impôts, il convient de vous adresser à votre administration des contributions, dont c’est la compétence.
Vous trouverez les coordonnées de l’Administration des contributions dont vous dépendez sur le portail Internet du Service Public Fédéral Finances.
Impact du crédit-temps fin de carrière sur votre pension
Si vous remplissez les conditions prévues par la réglementation des pensions, la période d’interruption à mi-temps ou d’un cinquième temps peut être assimilée à des prestations uniquement si vous percevez des allocations de l’ONEM.
Pour toutes questions concernant l’assimilation des périodes d’interruption de carrière pour l’octroi de la pension, consultez www.mypension.be ou contactez la ligne pension gratuite ou : 1765.
Prime d’encouragement flamande
Dans certains cas et à certaines conditions, la Communauté flamande paie une prime d’encouragement en plus de l’allocation de l’ONEM.
Vous trouverez toutes les informations à ce sujet sur le site Internet du Ministère de la Communauté flamande : www.vlaanderen.be. Vous pouvez également appeler gratuitement le numéro de la Ligne Info flamande 1700 ou prendre contact avec leur service par E-mail : aanmoedigingspremie@vlaanderen.be
Existe-t-il d’autres possibilités d’interruption que celles prévues dans le cadre du crédit-temps ?
Oui. En plus des différents types de crédit-temps, il existe 4 congés thématiques. Les congés thématiques sont des formes spécifiques d’interruption de carrière prévues pour répondre à des besoins précis.
Ces 4 congés thématiques sont les suivants :
- Le congé parental. Il s’agit d’une interruption de carrière prévue pour vous occuper de vos enfants de moins de 12 ans ou de moins de 21 ans en cas de handicap (voir la feuille info T19).
- Le congé pour assistance médicale. Il s’agit d’une interruption de carrière prévue pour vous occuper de membre(s) de votre famille ou de votre ménage gravement malade (voir la feuille info T18).
- Le congé pour soins palliatifs. Il s’agit d’une interruption de carrière prévue pour rester aux côtés d’une personne ayant une maladie incurable en phase terminale (voir la feuille info T20).
- Le congé pour aidant proche. Il s’agit d’une interruption de carrière prévue pour aider ou soutenir un proche en perte d’autonomie qui ne doit pas nécessairement être membre de votre famille ou de votre ménage. (voir la feuille info T164).
Tout comme le crédit-temps, ces 4 congés thématiques permettent la suspension de votre contrat de travail ou la réduction de vos prestations de travail à mi-temps ou d’un cinquième.
Est-il possible d’obtenir un congé thématique pendant un crédit-temps ?
Sous certaines conditions, il est possible d’obtenir un congé thématique, c’est-à-dire un congé parental, un congé pour assistance médicale ou un congé pour soins palliatifs pendant la période le crédit-temps en cours. Pour plus d’informations à ce sujet, vous pouvez consulter la feuille info T117.
